Ernest Bloch (1880 – 1959)

Ernest Bloch, né à Genève (Suisse) le et mort le à Portland (États-Unis), est un compositeur, un violoniste, un chef d’orchestre et un pédagogue suisse naturalisé américain.

Il étudie le solfège avec Émile Jaques-Dalcroze, le violon d’abord avec Louis Rey à Genève, puis avec Eugène Ysaÿe à Bruxelles et la composition à Francfort-sur-le-Main avec Iwan Knorr. Il travaille également avec Ludwig Thuille à Munich. En 1903, il passe un an à Paris, où il rencontre Claude Debussy. En 1904, de retour à Genève, il commence à composer son opéra Macbeth. En 1909-1910, il est chef d’orchestre à Lausanne et à Neuchâtel, avant de s’installer aux États-Unis en 1916 et travailler avec la compagnie de danse de Maud Allan. À partir de 1917, il devient professeur de composition à Cleveland dans l’Institut de musique de la ville, puis à San Francisco où il est directeur du conservatoire entre 1925 et 1930. Il prend la nationalité américaine en 1924. Il revient en Europe entre les années 1930 et 1939, mais retourne en Amérique quelques années plus tard, avec la montée du nazisme. De 1942 à 1952, il enseigne à l’Université de Berkeley en Californie. Parmi ses élèves les plus connus, on peut citer George Antheil, Roger Sessions, Douglas Moore, Bernard Rogers, Randall Thompson, Herbert Elwell, Leon Kirchner et le philosophe Stanley Cavell.

Pierre Maurice (1868 – 1936)

Partagée entre la germanité et la latinité, la Suisse ne connaît guère de compositeurs d’envergure avant le dernier quart du 19e siècle. Cette situation est particulièrement sensible en Suisse romande où la vie musicale est assurée presque exclusivement par des Allemands (par exemple les premiers directeurs de la Société de chant sacré, Wehrstedt et Hugo de Senger) et où seuls de rares auteurs autochtones (François Grast, Charles Bovy-Lysberg) se livrent à la composition. Cependant, au cours des années 1880, apparaît une nouvelle génération de jeunes musiciens qui cherchent à doter le pays d’un art musical de qualité et s’efforcent de suivre une solide formation qu’ils vont chercher à Paris, à Vienne, en Allemagne. C’est le cas notamment d’Émile Jaques-Dalcroze, de Gustave Doret, et de Pierre Maurice, leur contemporain. Or si les noms des deux premiers ont été retenus, celui de Pierre Maurice, dont les œuvres ont été fort bien accueillies de son vivant, est tombé dans un oubli presque total.

Issu d’une famille d’origine provençale fixée à Genève depuis le 16e siècle, Pierre Maurice naît à Allaman (VD) le 13 novembre 1868. Il accomplit ses études au Collège de Genève, ville où il s’initie aux bases de la formation musicale, notamment l’harmonie avec Hugo de Senger. Après une année passée à Stuttgart, il entreprend, pour satisfaire à la volonté paternelle, une formation de banquier, tout en poursuivant avec Jaques-Dalcroze l’étude de l’harmonie et du contrepoint. Peu motivé pour les métiers de la finance, il parvient à convaincre son père qui l’autorise, en 1891, à s’inscrire au Conservatoire de Paris. Il y travaille avec Lavignac, Gédalge, et Massenet, qui lui enseigne la composition.

À l’issue de ses études, Maurice est déjà l’auteur de plusieurs mélodies, et de la suite symphonique Pêcheurs d’Islande d’après Pierre Loti, qui sera une de ses œuvres les plus fréquemment jouées. De plus en plus attiré par le théâtre lyrique, il entreprend un drame biblique, La fille de Jephté (1899), puis il achève en 1903 Le drapeau blanc, bref opéra en un acte créé au théâtre de Cassel. Fervent admirateur de Wagner, le compositeur s’installe en 1900 à Munich. Sa musique rencontre un accueil très favorable en Allemagne, où ses pages scéniques sont à l’affiche dans plusieurs villes, telle Misé Brun, crée à Stuttgart (1908), puis redonné à Weimar, Cobourg et au Théâtre allemand de Prague, qui connut un vif succès et sera repris en Suisse. Lanval, créé à Weimar en 1913, connaît moins de succès: il disparaît de l’affiche après quelques représentations. Andromède, achevé en 1913, ne sera monté qu’après la guerre, en 1923, à Bâle.

Les conditions de vie devenant de plus en plus difficiles en Allemagne, Pierre Maurice regagne la Suisse et s’installe dans sa propriété de La Pêcherie à Allaman. Il y écrit notamment deux ballets, des mélodies, ainsi qu’un ravissant opéra-comique intitulé La nuit tous les chats sont gris (1923) et une opérette, La vengeance du Pharaon (1935). Miné par la maladie depuis plusieurs années, il s’éteint à Allaman le 25 décembre 1936.
Jacques Tchamkerten

Georg Templeton-Strong (1856 – 1948)

Originaire d’une famille de musiciens, G. T. Strong est le fils d’une chanteuse et d’un avocat, également président de la Société philharmonique de New York. Dès son enfance, il commence l’étude du piano et du violon mais se consacre à son instrument de prédilection, le hautbois. En 1879, il intègre le conservatoire de Leipzig où il étudie avec Richard Hoffman et Salomon Jadassohn. Il rencontre Liszt en 1881. Le compositeur hongrois accepte, en 1883 la dédicace du troisième poème symphonique que Strong vient d’achever, Undine, opus 14. De 1886 à 1890, Strong est à Wiesbaden, où il compose sa cantate Le moulin hanté. Il est ensuite à Vevey, en Suisse où il se consacre à la peinture entre 1897 et 1912. Il n’écrit presque plus aucune musique durant cette période. Ce n’est qu’à son arrivée à Genève en 1913 qu’il se remet à la composition. C’est la première exécution de sa deuxième symphonie Sintram. La même année, le chef d’orchestre Ernest Ansermet crée une autre œuvre de Strong, La nuit, Quatre petits poèmes symphoniques pour orchestre. En 1929, il compose cinquante-huit œuvres pour piano en quatre-vingt-dix-huit jours. Il meurt à Genève le à l’âge de quatre-vingt-douze ans.

Emile Jaques-Dalcroze (1865 – 1950)

www.dalcroze.ch

Originaire de Sainte-Croix dans le canton de Vaud (Suisse), Emile Jaques-Dalcroze est né à Vienne (Autriche). La famille s’établit à Genève dix ans plus tard. Compositeur et musicien, il effectue ses études musicales à Genève, Paris (avec Delibes et Fauré) et Vienne (avec Bruckner).

C’est entre 1892 et 1910, alors qu’il enseigne l’harmonie au Conservatoire de Genève, qu’il rompt avec une approche purement théorique pour élaborer la rythmique, pédagogie interactive et pluridisciplinaire fondée sur la musicalité du mouvement et l’improvisation.

En 1899, il épouse la cantatrice italienne Maria-Anna Starace, de son nom d’artiste Nina Faliero. Leur fils Gabriel naît en 1909.

En 1910, Jaques-Dalcroze s’installe en Allemagne dans la cité-jardin de Hellerau près de Dresde, où des mécènes, les frères Dohrn, lui ont édifié un institut sur mesure. C’est dans ce laboratoire du futur qu’il poursuit ses recherches sur l’éducation musicale, le mouvement et la création artistique, matérialisées par des spectacles basés sur la scénographie révolutionnaire d’Adolphe Appia. Cette collaboration inédite attire toute l’intelligentsia européenne : Ballets russes de Diaghilev (qui s’adjoignit, en la personne de Marie Rambert,  un professeur de rythmique à l’influence décisive sur le Sacre du Printemps), Bernard Shaw, Arthur Honegger, Ernest Bloch, Le Corbusier, Paul Claudel, Stanislawski ou Ernest Ansermet, pour ne citer qu’eux. De cette expérience sont issues de nombreuses écoles de formation Jaques-Dalcroze dans le monde entier.

La première guerre mondiale contraint Jaques-Dalcroze à rentrer à Genève, où l’Institut du même nom ouvre ses portes en 1915. Celui-ci totalise aujourd’hui quelque 2600 élèves, – enfants, adolescents, amateurs, adultes et seniors – (Haute Ecole de Musique de Genève). Promu citoyen d’honneur, Jaques-Dalcroze y poursuivra son œuvre jusqu’à sa mort le 1er juillet 1950.

Parallèlement à son activité de pédagogue, de chercheur et de rassembleur inlassable, il est l’auteur d’innombrables chansons qui s’intégrèrent au patrimoine populaire romand (sans oublier des couplets satiriques qui firent le bonheur du Chat Noir parisien). Mais l’on redécouvre aujourd’hui sa carrière de compositeur qui devait l’amener à produire, dès 1883, un grand nombre d’ouvrages pour le concert ou pour le théâtre lyrique. Il a notamment signé quatre opéras, deux concertos de violon, des oeuvres symphoniques et une abondante musique de chambre et de piano.

Pierre Wissmer (1915 – 1992)

www.pierrewissmer.com

Pierre Wissmer est né à Genève le 30 octobre 1915. Formé au Conservatoire de Genève, il reçoit les conseils de Robert Casadesus avant de perfectionner sa maîtrise du contrepoint à la Schola Cantorum de Paris auprès de Daniel-Lesur. Il suit également les cours de direction d’orchestre de Charles Münch à l’École normale de musique de Paris-Alfred Cortot.

Son premier concerto de piano a été créé à la radio par Jacqueline Blancard le 10 octobre 1937 sous la direction d’Henri Tomasi. En 1938, sa première symphonie est dirigée à Winterthur par Hermann Scherchen.

En 1939, Pierre Wissmer compose Le beau dimanche, ballet en un acte sur un argument de Pierre Guérin qui le met en relation avec Stravinski, Poulenc, Sauguet, Cocteau, Bérard et Hervé Dugardin. En 1944, il est nommé professeur de composition au Conservatoire de Genève et chef du service de la musique de chambre à Radio Genève.

En 1948, il épouse la pianiste Laure-Anne Étienne, élève de Marguerite Long au Conservatoire de Paris. De 1952 à 1957, il est directeur adjoint des programmes de Radio Luxembourg puis, à partir de 1957, prend notamment en charge la direction de la Schola Cantorum. En 1958, il adopte la nationalité française. Il est directeur de l’École normale de musique du Mans (1969-1981).

En 1967, il reçoit le Grand Prix musical de la Ville de Paris.
En 1983, la Ville de Genève couronnera sa carrière et son investissement musical en Suisse en lui décernant le Grand Prix Musical de la Ville de Genève.
En 1992, il meurt à Valcros (France), peu de temps après son épouse.

Roger Vuataz (1898 – 1988)

rogervuataz.ch

Musicien genevois, Roger Vuataz fait ses études gymnasiales au Collège Calvin ; il étudie l’harmonie et le contrepoint à l’Académie de Musique ; au Conservatoire il travaille le piano avec Alexandre Mottu et l’orgue avec Otto Barblan ; il étudie également la flûte, l’alto, la clarinette, le chant, la direction et l’orchestration, mais la composition est son terrain favori. Plus tard, il suivra le cursus professionnel complet de l’enseignement de rythmique de Jaques Dalcroze dont il suivait les démonstrations avec le plus grand intérêt.

Très jeune, il entame sa carrière de musicien comme organiste et maître de chapelle, enseigne et compose. Il dirige de nombreux chœurs et fonde la « Maitrise Protestante » ; il restera plus de 50 ans organiste titulaire de l’orgue du Temple de Carouge. Mais tout l’intéresse : il complète sa formation musicale à Paris avec Marcel Dupré (orgue) et Paul Dukas (composition) ; il obtient aussi son diplôme des Ondes Martenot (1931). De retour à Genève il est critique musical, devient metteur en ondes, puis chef des émissions musicales de Radio-Genève (1943-1965) où il travaille avec E. Ansermet, et bien d’autres personnalités incontournables du monde musical, grâce à son rôle clé dans l’organisation et les enregistrements des concerts de Radio-Genève.

Très engagé dans sa cité, chef d’orchestre, dirigeant ses propres œuvres, il devient membre du comité du Conservatoire (de 1950 à 1980), et professeur de « Formes et Styles ». Nommé Président du CIEM de Genève (1962-69), président de son jury de chant et de celui du Concours de chant F. Viñas de Barcelone, il poursuit sa carrière de compositeur, sa vocation première: lauréat du Prix du Musique de la Ville de Genève en 1967, il reçoit aussi le Prix de composition de l’AMS en 1975.

Passionné très tôt par l’œuvre de Jean Sébastien Bach, il en devient un spécialiste reconnu ; Hermann Scherchen l’incite à écrire l’orchestration de « l’Art de la Fugue » et de « l’Offrande Musicale », deux très belles réalisations que le chef d’orchestre va exécuter dans de nombreuses villes d’Europe et des USA.

Doué d’une forte capacité de travail, il compose le soir et la nuit des œuvres chorales, instrumentales, concertantes, de musique de chambre, d’orchestre symphonique, de musique religieuse et dramatique. Il écrit aussi des musiques de scène, de pièces radiophoniques ou même de films. Il est appelé à rédiger des expertises, des conférences et prépare notamment des « Cours d’Initiation musicale » pour Radio-Genève (1936-1942 et 1962-1966) et même des émissions radio-scolaires à l’intention des élèves romands.

Roger Vuataz, musicien très engagé dans sa ville genevoise, se réalise complétement à travers sa composition. Il laisse une trace indélébile par son œuvre riche de 133 opus.

Son catalogue peut être consulté sur son site : www.rogervuataz.ch. Citons quelques œuvres importantes : trois Concertos : piano (op.112), harpe (op. 123) et violoncelle (op. 128), un Quatuor pour cordes (op. 116), Petit Concert (op. 39), Deuxième Suite sur des thèmes populaires (op.53), Estampes genevoises (op.105), Cora (opéra, tragédie lyrique, op. 123), Monsieur Jabot (opéra bouffe), op.100, Quatre Conversations avec B.A.C.H. op.117, Trois Nocturnes pour violoncelle.

Alphonse Roy (1906 – 2000)

Pour plus de renseignements sur Alphonse Roy: yroy@bluewin.ch

Né le 14 novembre 1906 aux Breuleux (Canton du Jura), Alphonse Roy se consacre d’abord à la flûte. Il fait ses études de flûte aux conservatoires de Neuchâtel (1921 à 1927) puis à Zurich (1927 à 1929) avec Jean Nada pour la flûte et Volkmar Andreae pour la composition. Il occupe le poste de flûtiste à l’Orchestre de la ville de Winterthour en 1928. En 1929, il se perfectionne à Paris auprès de Marcel Moyse. En 1931, il arrive à Genève où il est membre de l’Orchestre de la Suisse romande (OSR). Il s’établit ensuite à Lugano où il joue à l’Orchestre de la Radio Suisse italienne de 1934 à 1939.

L’année 1940 marque son retour à Genève. Il intègre à nouveau l’OSR où il assume les fonctions de deuxième flûte solo, poste qu’il occupe jusqu’en 1971. Parallèlement, il s’inscrit au Conservatoire de Genève dans la classe de Charles Chaix pour étudier le contrepoint et la fugue en profondeur. Dès lors, il poursuit une double activité musicale: celle de musicien d’orchestre et celle de compositeur. Comme flûtiste, il enregistre en 1951 le quatrième concerto brandebourgeois de Bach sous la direction de Karl Münchinger. Ce disque obtient le grand prix de l’Académie Charles-Cros la même année.

De 1941 à 1950, Alphonse Roy compose surtout de la musique instrumentale et de chambre (Quatuor à cordes, Ballade pour grand orchestre et piano obligé). De 1950 à 1966, il écrit également des œuvres chorales (Sainte Cécile et les oiseaux) et de la musique symphonique (Symphonie en trois mouvements pour grand orchestre). Il se spécialise ensuite dans le domaine de la musique de film (L’inconnu de Shandigor, Black-out, D’un jour à l’autre) et travaille pour la télévision (Le monde imaginaire d’André Masson, Max Bill, peintre suisse). En 1972, il reçoit le prix de musique de la Ville de Berne.
Alphonse Roy décède le 7 avril 2000 à Versoix. Un fonds Alphonse Roy a été créé à la Bibliothèque cantonale et universitaire de Lausanne.

En parlant de sa musique, il disait volontiers :
« mon désir est d’écrire une musique signifiante, chargée d’émotion »

André-François Marescotti (1902 – 1995)

Né le 30 avril 1902 à Carouge (près de Genève), André-François
Marescotti accomplit des études de dessinateur technique, profession
qu’il abandonnera rapidement pour se consacrer à la musique.
ll s’inscrit d’abord à l’Académie de Musique de Genève, puis au
Conservatoire où il aura notamment comme maîtres Alexandre Mottu pour le piano et Charles Chaix pour la composition. Par la suite, il part se
perfectionner à Paris auprès de Roger Ducasse auprès duquel il acquiert l’accomplissement et la solidité de son métier de compositeur.
En 1930, il compose la “Première suite en Sol”, pour piano, qui
démontre qu’il est en parfaite possession de ses moyens techniques et
expressifs. L’influence qu’il a reçue de Chabrier ou de Ravel le rattache
entièrement à l’esthétique française de son temps.
Après la seconde guerre mondiale, il adopte très librement l’écriture
dodécaphonique en renonçant d’emblée à l’application stricte et sérielle,
mais en s’ajustant au contenu sémantique et expressif de son discours.
Outre son travail de composition, André-François Marescotti occupe
une place fondamentale dans la vie de la musique européenne et
genevoise. Chef de chœur à l’église du Sacré-Coeur de Genève, Maître de
chapelle à l’église Saint Joseph et régisseur de musique au Théâtre de
la Comédie, il accomplit surtout dès 1931 une remarquable carrière de
pédagogue en enseignant le piano puis l’orchestration et la composition.
Parmi ses élèves, on peut citer Jean Balissat et Michel Hostettler, qui
tous deux furent sollicités pour la musique de la Fête des Vignerons à
Vevey (1977 et 1999).
Par ailleurs, il joue un rôle de premier plan au sein de l’Association
des Musiciens Suisses, dans le Comité de la SUISA, dont il fut l’un des
fondateurs, au Concours international d’exécution musicale (CIEM) de
Genève, ainsi qu’au Prix de Composition Reine Marie-José.
André-François de Marescotti, exigeant et sans concessions envers
lui-même, acquiert une réputation et une autorité qui l’on fait connaître
bien au-delà des frontières suisses. Il est honoré par le prix de
composition de l’Association des Musiciens Suisses, par la Prix de la Ville de Genève (1963) et par le Mérite Carougeois (1973).
Décédé en 1995, il représente par son œuvre l’une des valeurs les
plus importantes et les plus originales du patrimoine musical de la Suisse Romande au XXe siècle.
Parmi ses œuvres qui font référence, on peut citer:
Fantasque, pour piano (1939; création par Arturo Benedetti-Michelangeli)
Aubade, pour orchestre (1938)
– Quatre Concerts carougeois, pour orchestre (1941, 1958, 1966, 1986)
Hymnes, pour orchestre

Charles Chaix (1885 – 1973)

Charles Chaix est né à Paris le 26 mars 1885.

Il commence ses études musicales à l’École Niedermeyer, puis vient à Genève pour étudier l’orgue et la composition dans la classe d’Otto Barblan. Déjà, au sortir de ces études, il publie six chorals figurés pour orgue. Poursuivant seul, dès lors, sa culture de compositeur, il écrit, à l’âge de 24 ans, un Scherzo pour orchestre qui atteste déjà d’une étonnante maîtrise de la composition et de l’orchestration. Vient ensuite une Symphonie en ré majeur terminée quelques jours avant la guerre.

Mobilisé en 1914, il fait toute la campagne sur le front français et en Orient. C’est dans ces circonstances qu’il écrira toute la partie instrumentale du Poème funèbre, œuvre qu’il achèvera à son retour à Genève.

Nommé depuis 1910 professeur d’harmonie au Conservatoire de Genève, il enseignera pendant plus de quarante ans les branches de l’écriture musicale (harmonie, contrepoint, composition) et donnera également des cours d’harmonie et de fugue au Conservatoire de Lyon.

Cette très absorbante activité pédagogique ne l’empêchera pas de composer encore une Deuxième symphonie, en ut majeur, de la musique de chambre: un Quintette, un Quatuor, une Sonate pour piano, des mélodies, pour ne citer que les œuvres les plus importantes, et, enfin, une Sonate pour violoncelle et piano écrite en 1972, peu avant sa mort survenue le 16 février 1973.

Jean Binet (1893 – 1960)

A accompli ses études au Collège classique et à l’Université de Genève, en même temps il obtenait le Diplôme de l’Institut Jaques-Dalcroze et complétait ses études musicales avec Otto Barblan, William Montillet et Templeton Strong.

Après avoir enseigné à Paris, il part pour les Etats-Unis où en 1919 il fonde la première école de rythmique Jaques-Dalcroze de New York et travaille la composition avec Ernst Bloch. En 1921 il participera avec celui-ci à la fondation du Conservatoire de Cleveland (Ohio) où ses première œuvres sont créées. En 1923, de retour en Europe, il se fixe à Bruxelles où il enseigne la méthode Dalcroze à l’Ecole Decroly ; cependant, son activité de compositeur le fait rapidement connaître, et en 1930 le Quatuor Pro Arte crée son quatuor.

En 1929 Jean Binet renonce à l’enseignement, revient en Suisse et s’installe à Trélex (Vaud), où il se consacre entièrement à la composition ; il se mêle à la vie musicale de son pays et ses œuvres symphoniques sont créées par E. Ansermet et l’OSR. En 1937 il écrit la musique de scène pour « Antigone » de Sophocle, puis en 1946 un ballet, « L’Ile enchantée », sur commande du Stadttheater de Zurich. En 1950 la Fondation Pro Helvetia lui commande un autre ballet, « Le Printemps » à l’intention de l’Opéra de Paris. En 1952 le Canton de Genève lui demande d’écrire avec R.-L. Piachaud la cantate « Psaumes de la délivrance » pour commémorer le 350° anniversaire de la Réformation.

En outre, Jean Binet se voit confier des responsabilités importantes au sein des organisations professionnelles telles que l’AMS dont il fut membre du comité. De 1935 à 1960 il est membre du conseil et président de la SUISA (société suisse gérant les droits des auteurs et des éditeurs de musique).

Il reçoit le prix de composition de l’AMS en 1955.

Le catalogue de ses œuvres comprend également des partitions pour petit orchestre, de la musique de chambre, des mélodies pour voix et piano ainsi que de nombreux chœurs à capella.
La qualité essentiellement humaine de la musique de Jean Binet lui confère son empreinte très personnelle et lui assure son caractère de fraîcheur qui, malgré une acceptation toute naturelle et sans contrainte de ce que le passé nous a légué, manifeste de la manière la plus heureuse ce charme de l’imprévu dû en premier lieu à une sensibilité pleine de fantaisie.